The Durban Blog

 

 

La FEB a réalisé un livret sur base d’études internationales pour esquisser les critères auxquels doit satisfaire une politique climatique efficace à l’occasion de la 17ème Conférence des Parties (COP17) des Nations Unies qui a lieu du 28 novembre au 11 décembre 2011 à Durban. Isabelle Callens et Anne Defourny y participent et vous font vivre ce sommet au travers de ce blog.

Nous allons procéder en deux temps. D'abord quelques pistes de réflexion issues du cadre théorique du livret statistique. Suivent ensuite quotidiennement des cas pratiques du monde des entreprises.

Vos commentaires nous intéressent. Envoyez-les nous !

In honor of Mandela: “It always seems impossible until it is done. And it is done! »

Il faut un engagement post 2012 pour faire de Durban un succès

Ouverture de la semaine politique à Durban

Le debrief matinal de la délégation belge

Enjeux de la COP17

Manifestation à Durban

Livret climat 2012

Chimay, Heidelbergcement, Solvay et Stora Enso

Colruyt, Delhaize, Desso et Electrabel

AGC Glass Europe, Arcelor Mittal Gent, Bekaert, Les Carrières de la Pierre Bleue Belge et Sagrex

Les secteurs: électricité, transport, agriculture et climat, construction

Partie théorique


12/12/11 : In honor of Mandela: “It always seems impossible until it is done. And it is done! »

La Présidente de la Conférence sur le climat (COP17) Maite Nkoana-Mashabane est contente avec l'accord conclu.

Difficile de résumer deux semaines de discussions très … très techniques et de pouvoir conclure en quelques lignes surtout après 10 jours de travail sans relâche et deux nuits blanches de négociations !

Ce dimanche 11 décembre, soit près de deux jours après la fin officielle de la COP17 et alors que la plupart des délégations officielles étaient rentrées, vers 5 heures du matin, un accord a enfin été conclu à Durban ! Cet accord est un succès, car on n’attendait pas grand-chose de cette COP, si ce n’est l’opérationalisation des instruments décidés à Copenhague et à Cancun tels que le Fond Vert Climat.

Finalement, cet accord porte sur les 3 grands points suivants :

- Comme attendu, l’opérationalisation des décisions de Copenhague et de Durban, avec par exemple la concrétisation du Fonds vert et son processus de gouvernance … cependant, la façon dont il va être alimenté reste encore en suspens.

 

- L’adoption d’une feuille de route pour un accord international juridiquement contraignant en 2015 (avec entrée en vigueur en 2020) qui englobe pour la première fois les quelque 190 pays de la Convention Climat, et donc y compris les plus gros émetteurs : USA, Inde et Chine. Concernant la forme juridique, l’Inde, aux alentours de 3 heures du matin, a fait une intervention remarquée de 20 minutes, à la suite de laquelle elle accepte de remplacer l’ancienne formulation « legal outcome » par la formulation « an agreed outcome with legal form ». Selon le quotidien The Guardian, un expert européen a confirmé que cette formulation rendait bien les réductions émissions de GES contraignantes pour tous. En outre, le texte de la feuille de route reconnait:

  • la problématique du changement climatique (« le changement climatique représente un danger urgent et potentiellement irréversible pour la société humaine et la planète»)
  • l’insuffisance des « pledges » actuels (les efforts actuellement mis sur la table ne sont pas suffisants pour maintenir l’élévation de la température à 1.5 ou 2°c par rapport à l’ère pré-industrielle)
  • l’engagement à combler ce « gap »

 

- La prolongation du Protocole de Kyoto dans une seconde période mais dont la durée n’est pas encore fixée (5 ou 8 ans à déterminer aux alentours de mars 2012). Aucun accord sur les objectifs chiffrés n’a encore été pris, cette décision étant reportée à la COP18 qui se déroulera au Qatar.

 

Bref, la COP17 de Durban est, contre toute attente, un succès et a prouvé que le processus multilatéral est encore en vie ! Tous les pays se sont engagés pour la planète (reconnaissance de la problèmatique climatique, du gap, engagement de tous à mesurer le phénomène et à combler ce gap). La direction est claire ! Il n’y aura pas de free-rider en matière climatique. Tout le monde (et oui… même les USA, la Chine… et les plus réactifs) accepte la contrainte de réduction des émissions de GES mais après 2020… trop tard dirons certains (pour rappel, les scientifiques avaient attiré l’attention sur la nécessité d’atteindre le plafond d’émissions avant 2015)…

 

Il était pourtant loin d’être évident de pouvoir arracher cet accord en fin de nuit. En effet, les intérêts, réalités et responsabilités en matière climatique sont tellement divergentes entre les régions du monde, voir opposées que ce succès était loin d’être gagné. Depuis quelques jours, on doutait de plus en plus et les oppositions se cristallisaient. Samedi fin d’après-midi, il était même question de reporter les débats à une COP bis dans le courant de l’année 2012 à Bonn ou lors de Rio+20.

 

Quelles conséquences pour nos entreprises dans tout cela ?

Pour le monde des entreprises, la priorité était d’avoir un cadre et un engagement international. Voilà qui est fait. Le climat devient une priorité pour le monde entier et plus particulièrement les gros émetteurs. Il va falloir en tenir compte dans les stratégies et plans d’investissement futurs et ce, dans toutes les parties du monde. Autre bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas de gap juridique vu qu’il y a un prolongement du protocole de Kyoto. Cela permet entre autres le prolongement de mécanismes de flexibilité et même de les étendre. C’était un élèment très important pour l’Europe, et ses entreprises, car ces mécanismes permettent de réduire les émissions de GES à moindres coûts, en passant entre autres par des projets dans des pays en voie de développement (projets dit « CDM »). Par contre, les objectifs chiffrés de la prochaine période du protocole ne seront fixés qu’en 2012 et les répercutions éventuelles sur le paquet énergie-climat 20-20-20 et le système ETS restent encore des inconnues.

Bref, la finalisation laborieuse de cet accord ne fait qu’ouvrir la voie à de nombreux chantiers non moins laborieux et l’agenda des négociations climatiques au niveau européen risque d’être très chargé d’ici le prochain rendez-vous de la COP au Qatar. La précision de ces objectifs doit se faire au plus vite pour que le monde des entreprises puisse disposer d’un cadre clair mais aussi réaliste pour ses décisions d’investissement. C’est pourquoi nous souhaitons que ces négociations se fassent en étroite collaboration avec le monde des entreprises qui sont directement concernées.

Enfin, pour conclure, notre présence sur place nous a non seulement permis une meilleure compréhension de la multitude des enjeux et de l’hyper technicité qui se cache derrière ce processus très complexe ainsi que des positions de chacun des pays. Nous avons également pu créer des liens privilégiés avec les différentes parties prenantes que ce soit au niveau européen mais surtout au niveau belge avec les personnes qui devront à l’avenir gérer le climat au niveau politique.

Et nous voudrions conclure sur une petite note de fierté nationale en tenant à féliciter les experts de la délégation belge qui ont reçu un prix pour leur contribution pertinente et crédible ainsi que leur expertise encore une fois remarquées à cette COP…


09/12/11 : Il faut un engagement post 2012 pour faire de Durban un succès

C’était le message de la Belgique par la voix de notre ministre Huytebroeck lors de son discours dans la plénière du Segment de haut niveau. La Belgique attend bien entendu de Durban des progrès en matière d’adaptation, que l’on comble « l’emission gap », des règles de comptabilité claires et un fond vert pour le climat qui doit être un véritable instrument de financement de l’adaptation et de l’atténuation des pays en développement et non une coquille vide. Mais le plus important est d’assurer un régime climatique international post 2012. « C’est sur cela qu’on va nous juger à Durban», a déclaré la Ministre Huytebroeck. Elle précise que la Belgique est en faveur d’une courte seconde période du Protocole de Kyoto comme transition vers un protocole mondial sous la Convention Climat. Cela nous semble également essentiel pour la crédibilité de l’ensemble du processus.

Pour la ministre, une feuille de route est nécessaire, et c’est possible si chacun prend ses responsabilités. La Belgique et l’Union européenne ne sont pas les seules à le revendiquer : elles sont soutenues par les pays africains, les petits états insulaires (AOSIS).

Elle termine son discours en plénière par une des leçons de Cancun : le rôle de la présidence qui peut faire la différence et espère que ce sera le cas ici.

Pour voir toutes les interventions du Segment de Haut niveau, cliquez ici

La France, qui s’exprimait un peu après la Belgique, a abondé dans le même sens en réaffirmant la nécessité d’une action urgente, c’est-à-dire avant 2017 si l’on veut éviter des augmentations de températures de 3,5°C. « On ne négocie pas avec la nature ; ce n’est pas un jeu à somme nulle car il n’y a pas des gagnants et perdants. Si l’on ne fait rien, on sera tous perdants ». Pour sa représentante, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre française de l’écologie et du développement durable, il n’y a pas d’alternative à un cadre multilatéral : « Pas de plan B pour la planète ». Il s’agit de prolonger de façon transitoire le Protocole de Kyoto pour montrer notre bonne volonté … de toute façon l’Union européenne s’est déjà engagée avec son paquet énergie-climat 20-20-20.

Intervention de la Ministre Huytebroeck dans le Segment de haut niveau ce 8 décembre à Durban
Intervention de la Ministre française de l’écologie et du développement durable lors du Segment de haut niveau ce 8 décembre à Durban

 

 

 

 

La Commission européenne rassure le monde des entreprises

Ce jeudi 8 décembre, Business Europe et ses fédérations nationales ont eu l’opportunité d’avoir un debriefing de l’état des négociations avec Artur Runge-Metzger de la DG Environnement de la Commission européenne. Ce dernier était relativement optimiste sur les avancées des négociations en matière d’adaptation et sur le Fonds vert Climat, et ce, malgré les rumeurs relativement pessimistes sur ces sujets. Par contre, il a confirmé que les discussions autour de l’avenir du Protocole étaient plus compliquées. Il prévoit également qu’il n’y aura pas d’accord avant samedi… tard. Les aspects techniques devraient être finalisés en groupe de travail et les éléments plus politiques devraient remonter au niveau des ministres. À Durban, pour régler les points de divergence, c’est la méthode à l’africaine qui est appliquée : les INDABA (signifie « feu de camps » en zoulou). Cela consiste en des discussions informelles et en marge avec quelques parties pour faciliter le consensus.

Par ailleurs, l’Europe fait des bilatérales avec des grands acteurs comme la Chine, le Brésil les USA pour voir sur qui elle pourra compter comme allié in fine. En effet, l’Europe s’est engagée dans une seconde période du protocole de Kyoto sous 4 conditions (les Assigned Amount Units (AAU, cfr problématique de l’air chaud); les nouveaux mécanismes de flexibilité ; le LULUCF (puits de carbone des forêts) ; une Roadmap pour un accord global sous la Convention après une seconde période du Protocole de Kyoto).

Il y a actuellement un papier de 3 pages sur la table, géré par un groupe informel (encore un INDABA) qui résume les principes, les objectifs, le format des négociations et le timing d’un futur accord international. Ce texte pourrait être l’output de Durban, le texte complet de 120 pages ayant de moins en moins de chances d’aboutir ici.

Par ailleurs, la Commission rassure le monde des entreprises européennes en répétant sa position qu’elle ne touchera pas à l’objectif climatique de -20% d’ici à 202.

Plus tard dans l’après-midi, Anne a participé à la rencontre avec Business Europe et des parlementaires européens pour présenter la position de Business Europe en ce sens.

Le document de position de BusinessEurope : BusinessEurope expectations for the international climate conference in Durban

 

 

 

 

 

 

Business Europe rencontre des parlementaires européens dans le pavillon de l’UE au centre de conférence.

 

High-level Panel de l’OCDE sur la croissance verte et le changement climatique.

Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE a ouvert cette session passionnante en rappelant quelques fondamentaux qui sortent entre autres de leur dernière étude de novembre 2011 « OECD Environmental Outlook to 2050 : Climate Change Chapter » (pour en savoir plus : www.oecd.org/environment/outlookto2050 et www.oecd.org/cop17).

Une action ambitieuse de réduction des émissions de GES au niveau mondiale coûte, selon cette dernière de l’OCDE, à peine 0,2% PIB mondial par an et a l’avantage de diminuer drastiquement le risque de catastrophe climatique à condition qu’elle soit menée au plus vite. « Au plus on tarde, au plus l’addition environnementale et économique sera salée » insiste Angel Gurria. « Actuellement, atteindre l’objectif des 2°C reste encore possible à un coût abordable à condition d’aller vite » renchérit Simon Upton, directeur Environnement de l’OCDE. Pour ces experts, le moyen le plus efficace d’y arriver est sans conteste la fixation d’un prix du carbone mondial. C’est d’ailleurs l’un des critères essentiels du livret climat de la FEB. Cette méthode a en plus l’avantage d’être transparente et de récolter des revenus. Toutefois, des intervenants français et australien ont rappelé que la mise en œuvre d’une telle méthode exige une communication convaincante de la politique mise en place : en France, autant les français étaient conscients de ce qu’ils allaient devoir payer avec une taxe carbone, autant, il y avait une incertitude et surtout un manque de communication sur les bénéfices qu’ils allaient pouvoir en retirer. L’étude de l’OCDE se base sur un scénario où on a recours à toutes les options technologiques (nucléaire, CCS, mesures d’efficacité énergétique, renouvelables). Le non recours à l’une d’entre elles augmente le coût de la lutte contre le changement climatique. Sans CCS (capture et stockage du carbone), la facture augmente d’un tiers … et se passer du nucléaire hausse les coûts de 15%. Simon Upton a également exprimé son inquiétude par rapport à l’évolution de la part des dépenses publiques en R&D consacrée à l’énergie qui ne cesse de diminuer depuis la seconde crise pétrolière fin des années 70 … Il montre d’ailleurs le graphique repris dans le Livret climat 2012 FEB.

Lors de cet évènement, les premiers chiffres de l’aide internationale relative à l’adaptation et à la mitigation ont été diffusés : les flux financiers du Nord vers le Sud s’élèvent à 22,9 milliards $ en 2010. La Belgique n’a pas été chiche avec ses 350 millions $, soit trois fois plus que le Canada.

Au sein du panel, le ministre norvégien des finances s’est exprimé sur le fond vert climat et la façon de mobiliser les 100 milliards EUR d’ici à 2020. Pour lui, atteindre ce montant est réaliste avec des sources de financement qui doivent être publiques et privées. Pour cela, il insiste sur la nécessité d’un prix du carbone. En effet, les bénéfices du prix carbone sont multiples selon lui : non seulement c’est un incitant pour réduire les émissions de GES, mais c’est aussi un stimulant pour développer les solutions technologiques au sein du secteur privé où se trouve la créativité et le savoir-faire. Pour être effectif, ce fonds doit être géré selon les principes d’une bonne gouvernance.

Gurria conclut en disant que le problème n’est pas de savoir ce que l’on doit faire, mais le manque de leadership, de courage et de volonté politique de le faire. « De toute façon, nous n’avons pas de plan B car nous n’avons pas de planète B » ajoute-t-il.

 

 

 

 

 

 

Side-event de l’OCDE sur “Green Growth and climate change en présence de Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE (au centre du panel)"

 

Dernier debriefing de la délégation belge ce vendredi 9 décembre, 7h15 du matin …

Et oui, nous sommes déjà le dernier jour … lors de ce dernier debriefing de la délégation belge, la Ministre Huytebroeck a pris la parole pour remercier toute l’équipe des experts belges pour leur travail efficace. Elle ajoute que la Belgique est peut-être un petit pays mais qui fait preuve d’une grande crédibilité aux yeux des autres nations du monde. En effet, la Belgique a souvent mis sur la table des propositions constructives et a toujours montré sa volonté de trouver des solutions.

Cette journée de vendredi (et la nuit) sera longue pour les négociateurs … différents dossiers doivent encore être sérieusement discutés. Il faut notamment mettre sur la table et préciser l’option des « prompt start actions» qui visent à prendre déjà des actions concrètes post 2012 sans pour autant avoir un cadre d’une seconde période de Kyoto et qui seront prises en compte avec effet rétroactif lorsque la seconde période sera ratifiée et entrée en vigueur. Cette solution permettrait de pallier au fait que le temps est trop court pour ratifier et faire entrer en vigueur une seconde période du Protocole de Koyto d’ici un an (la première période du Protocole expire au 1er janvier 2013)…. Bravo pour ceux qui ont suivi ! ;-)

La position des pays de l’Umbrella (USA-Canada-Japon-Australie) reste aussi difficile à gérer car ils interviennent pour ralentir le processus sans toutefois le tuer afin de pouvoir jouer les « free rider ». Quant à l’UE, et particulièrement la Belgique, elle continue de proposer des solutions créatives, notamment par rapport aux pays Non Annexe I qui pourraient être catégorisés en plusieurs groupes plus homogènes en fonction de leur situation économique actuelle (qui peut être fort différente par rapport à celle de 1990, notamment pour les pays émergents) mais tout en respectant le principe des responsabilités communes mais différenciées (CBDR, « Common But Differentiated Responsabilities »).

 

 

 

 

 

Dernier debriefing de la délégation belge à Durban

 


Nous vous donnons rendez-vous lundi pour les conclusions de cette nuit qui s’annonce longue… ou courte … c’est selon !


07/12/11 : Ouverture de la semaine politique à Durban

Ce jour de Saint-Nicolas fut marqué par l’arrivée de certains chefs d’états et dirigeants d’organisations internationales à la COP 17. Nous n’avons pas pu assister à la cérémonie d’ouverture (car en visite de terrain – voir plus bas). Cependant, nous avons pu assister à l’intervention de Connie Hedegaard qui, après avoir insisté sur le ‘sens of urgency’, a présenté la position de l’UE à Durban : l’UE est prête à s’engager dans une seconde période du Protocole de Kyoto à condition que d’autres pays la rejoigne … elle conditionne aussi son engagement à la création à Durban d’une feuille de route qui doit mener, après cette seconde période, à un accord juridiquement contraignant et incluant tous les pays.

La Commissaire Connie Hedegaard

 

10 projets d’exception …

Mardi soir, nous avons assisté au lancement de l’initiative de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) “Momentum for change”. Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la CCNUCC, a ouvert l’évènement en présentant les 10 projets sélectionnés qui, pour elle, ont une valeur exemplative car facilement réplicables et contribuant à la fois à l’amélioration de la qualité de vie des populations et à la lutte contre changement climatique. Ces projets qui vont du reboisement à des projets d’énergies renouvelables ou de meilleure gestion de l’eau, mettent à mal les préjugés comme quoi la lutte contre le changement climatique est « coûteuse » voire difficilement réalisable surtout en période d’incertitude. C’est de ce type de partenariat public-privé que naîtra le changement. La Présidente sud-africaine de la COP17 a ensuite pris la parole en rappelant la position des pays plus pauvres pour qui la lutte contre le changement climatique ne peut se faire sans l’éradication de la pauvreté mais ce développement doit être respectueux de la planète. Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, également présent pour l’événement, est ensuite revenus sur les 4 résultats qu’il attend de Durban : l’opérationnalisation de tous les instruments décidés à Cancun y compris adaptation, technologie… ; de la clarté sur le futur du protocole de Kyoto; la mise en place du fond vert pour le climat et l’adoption d’une vision conjointe sur un accord juridiquement contraignant à long terme. Il ajoute que cet accord contraignant à long terme peut prendre du temps à mettre en œuvre mais il ne doit pas handicaper l’action en attendant. Ce qui importe c’est la volonté politique d’y adhérer. Il espère qu’elle sera au rendez-vous.

… et nous visitions l’un d’entre eux !

A quelques kilomètres au nord de Durban, nous visitons un des 10 projets avec les ministres Henry et Huytebroeck et quelques autres membres de la délégation belge. Ce projet vise à reboiser des anciennes parcelles de cannes à sucre et à terme une décharge. En plus de contribuer au climat, il permet à la communauté environnante très pauvre (30% de chômage) d’augmenter sa qualité de vie : en faisant pousser des arbres chez eux, les habitants qui le veulent, peuvent les échanger contre des « crédits carbone » leur donnant droit à du matériel de construction, de la nourriture, accès à l’éducation… En bref, ce projet les sensibilise à la problématique du climat tout en améliorant leur qualité de vie et en créant des emplois de « treepreneurship ».

Projet de reboisement dans la région de Durban : extrême gauche la Ministre Huytebroeck
De gauche à droite : André Guns (négociateur belge pour LULUCF), Jean-Michel Javaux (co-président d’ECOLO), Gilles Toussaing (journaliste La libre Belgique)

 

 

 

 

Clin d’œil …

Saint-Nicolas est passé chez la délégation belge qui travaille d’arrache pied sur les négociations et contribuent à leur climat constructif …

assis au centre Pieter Wittoeck, directeur du service climat du SPF environnement et sur l’extrême droite de la photo, la ministre Huytebroeck.


Quote of the day

Le Président d’Afrique du Sud, Zacob Zuma, a clôturé le momentum for change en rappelant que pour lui, le véritable enjeu de la planète et de l’humanité est“how to balance the eradication of poverty and at the same time climate change ?”

Personnalité du jour Wink

Autre « personnalité » également croisée dans les couloirs du centre de conférence de Durban, le Prince Albert de Monaco.

Le Prince Albert de Monaco

Photo du jour Smile

Anne Defourny alimente ce blog...


06/12/11 : Le debrief matinal de la délégation belge ... arrivée des ministres

Comme chaque matin à 7h15, les négociateurs belges et les stakeholders, dont nous faisons partie, se retrouvent pour faire le point sur l’état d’avancement et les pierres d’achoppement des négociations en cours. Ce lundi 5 décembre, la ministre Huytebroeck – qui préside la délégation belge à Durban- et le ministre Henry nous ont rejoints. Toutefois ce statut particulier de pouvoir faire partie de la délégation officielle nous contraint à un certain devoir de confidentialité.

Debrief avec les ministres: de gauche à droite le Ministre régional wallon Philippe Henry et la ministre bruxelloise Evelyne Huytebroeck. Au centre, Peter Wittoeck, chef de la cellule climat.

 

 

 

 

‘Business Day’ du World Business Council for Sustainable Development (WBCSD)

Perturbé par une manifestation de Greenpeace, le Business Day du WBCSD a débuté par une intervention marquée de Christiana Figueres, Executive Secretary de l’UNFCCC. Son appréciation des négociations en cours est très optimiste. En effet, elle considère que l’agenda sur l’adaptation, cruciale pour les pays africains, affiche une avancée positive. Il en va de même pour les avancées dans le groupe de travail ‘long terme’ (LCA WG) qui vise à mettre en œuvre les instruments théoriques décidés à Cancun (en matière de technologies, financement, déforestation, …). Un texte a été déposé sur la table ce week-end et elle espère qu’il y aura un accord sur ce texte d’ici la fin de la semaine. Thèmes plus difficiles : la seconde période d’engagement et l’atténuation. Selon elle, la question n’est toutefois plus de savoir s’il aura ou pas de seconde période ou pas mais la forme de cette seconde période et avec quels pays ? Elle compare les négociations à l’établissement d’un business plan global pour le futur du climat. Elle conclut par « don’t judge this COP by the waves but by the current

Le message de Christiana Figueres au monde des entreprises : « we have to move through a low carbon economy and no a low economy ».
Photo de la manifestation Greenpeace devant le Business Day ; document de la manifestation de Greenpeace devant le Business Day.

 

 

 

Dans l’après-midi, rencontre FEB -ministres …

Vers 15h30, nous rencontrons les ministres Henry et Huytebroeck pour leur présenter notre livret climat, l’occasion de répéter les 10 critères pour une politique climatique efficace ainsi que quelques cas d’entreprises belges proactives en la matière. Les ministres semblent avoir été réceptifs à nos messages … Concernant les négociations en tant que telles, la Ministre Huytebroeck pense que l’UE peut jouer un rôle de facilitateur entre les différents blocs de pays. Nous verrons si ce rôle se confirme dans les prochains jours …

Anne Defourny avec la Ministre Huytebroeck.


05/12/11 : Enjeux de la COP17

Nous voilà arrivées à Durban …

En tant que pays hôte de la COP17, l’Afrique du Sud accueille les négociations dans un grand centre de conférence autour duquel gravitent divers pavillons et expositions.

Avant de vous faire part des avancées au jour le jour, un bref rappel des enjeux...

1. Opérationnaliser les décisions prises à Cancun (COP 16 en 2010), notamment celle du Fonds Vert pour le Climat qui vise à assurer le financement de l’atténuation et l’adaptation au changement climatique des pays en développement par les pays développés.

2. Régler les points non résolus à Cancun comme le transport international, les mécanismes de marché (comme l’avenir du CDM post-2012), la déforestation, ...

3. Régler les différents ‘gap’ :

 

The 3 gaps...

Le ‘mitigation gap’ : les promesses volontaires (‘pledges’) faites par les pays après la Cop de Copenhague ne sont pas suffisante pour respecter l’objectif de limiter à 2°C la hausse de la température par rapport au niveau pré industriel.

 

Le ‘legal gap’ : la première période d’engagement du Protocole de Kyoto (4 ans) arrive à échéance fin 2012. Il faut un nouvel accord contraignant après cette date si on veut éviter un vide juridique international en matière climatique. Les questions sont de savoir quelle forme doit prendre cet accord, sur quelle période et avec quels pays.

Le ‘financial gap’ : comment arriver à alimenter le Fonds Vert pour le Climat à hauteur de 100 milliards de dollar par an d’ici à 2020 … surtout en période de crise économique ?


03/12/11 : Manifestation à Durban

Malgré une manifestation dont le mot d’ordre est « Pas d’apartheid climatique !», nous arrivons quand même à assister à la Conférence “Giant steps or fairy footsteps: can we make progress on green growth without a global deal?”

Unite against climate change manifestation

Lors de ce panel, Simon Maxwell (photo), executive chair of the Climate & Development Knowledge Network, insiste sur le fait qu’il faut un « développement climat compatible ». Il suggère de suivre un programme en 6 étapes :

- Trouver les ‘win-win’ : pour certaines mesures comme l’efficacité énergétique, tout le monde est gagnant vu que l’investisseur fait in fine des économies

- Promouvoir les bénéfices collatéraux de la lutte contre le changement climatique, tels que la réduction de la pollution, la sécurité énergétique, …

- Parler en termes de gestion des risques et mettre en avant les coûts de l’inaction : « si on ne fait rien, nous subirons de plus en plus de catastrophes naturelles qui coûtent des vies et de l’argent »

- Mettre le focus sur les opportunités : investir dans l’économie verte permet d’acquérir un avantage compétitif pour les entreprises …

- A l’écoute de la société civile et supporté par elle

- Il faut un leadership fort et constant pour porter les messages

 


01/12/11 : Livret climat 2012 : 10 critères pour une politique climatique internationale efficace

La contribution des entreprises pour relever le défi climatique est cruciale. Sur la base d’études internationales, la première partie de ce livret esquisse les critères auxquels doit satisfaire une politique climatique efficace. La seconde partie, à travers des fiches sectorielles et des témoignages d’entreprises belges, présente certaines actions déjà réalisées par le monde des entreprises belges et les différents secteurs, ainsi que leurs attentes pour poursuivre ces efforts.

• Sans une action globale et rapide, l’objectif de 2°C ne sera pas atteint

• Plus les actions tardent, plus lourde sera la facture

• L’UE ne peut, à elle seule, résoudre le problème : un accord international est indispensable

• Le monde des entreprises propose 10 critères pour une politique climatique efficace

lisez le livret climat >


30/11/11 : Chimay, Heidelbergcement, Solvay et Stora Enso

La brasserie et la fromagerie veillent de près à la qualité de leurs produits, mais gardent également un œil attentif sur leur performance énergétique. Grâce à son « projet K50 », la fondation est parvenue à réduire son empreinte carbone de près de moitié en l’espace en moins de dix ans. (pages 32-33 livret partie 2)

En recourant à la biomasse (18% en 2007 → 30% en 2010) et à d’autres combustibles de substitution (les déchets et résidus provenant d’autres industries), CBR a réduit ses émissions de CO2 par tonne de ciment de 21% (par rapport à 1990). (pages 34-35 livret partie 2)

D’ici à 2020, le géant de la chimie entend réduire de 20% par rapport à 2006 les émissions directes et indirectes de GES dues à ses activités mondiales de production. D’ici à 2013, Solvay respectera ses engagements : la consommation d’énergie primaire aura diminué de 6,5%, alors que les émissions de GES auront baissé de 9% (par rapport à 2006). (pages 36-37 livret partie 2)

L'industrie papetière est une industrie intensive en énergie qui peut également être très écologique, ainsi que le démontre Stora Enso Langerbrugge. La production au départ de papier 100% recyclé — fondée sur le principe du circuit écologique fermé — est assurée par la valorisation énergétique des déchets et de la biomasse. (pages 38-39 livret partie 2)

Industrie : un exemple en matière de climat
(les entreprises...)


29/11/11 : Colruyt, Delhaize, Desso et Electrabel

“L’énergie la plus verte est celle qu’on ne consomme pas” Mieke Vercaeren, coordinateur développement durable Groupe Colruyt. (pages 24-25 livret partie 2)

Depuis janvier 2007, le groupe belge fonctionne aux énergies renouvelables. Grâce à la sensibilisation des collaborateurs et à l’innovation technologique (panneaux solaires, meilleure isolation, récupération de chaleur, etc.), Delhaize a réussi à réduire systématiquement sa consommation énergétique ces dernières années (-8,7% depuis 2009). (lien vers pages 26-27 livret partie 2)

 

Le fabricant de tapis Desso va au-delà de la durabilité ‘traditionnelle’ et opte résolument pour une production Cradle to Cradle® (c2c). (pages 28-29 livret partie 2)

Les quelque 3.000 collaborateurs d’Electrabel étaient répartis dans plus de 16 bâtiments de la capitale. D’ici à fin 2013, ils seront tous regroupés dans de nouveaux bureaux : GDF SUEZ Tower, deux tours de 13 étages chacune, offrant une superficie de 75.000 m2 et reliées entre elles pour former un H. GDF Suez Tower permettra une économie annuelle de 2.000 tonnes de CO2 d’ici à 2015. (pages 30-31 livret partie 2)

Industrie : un exemple en matière de climat
(les entreprises...)


28/11/11 : AGC Glass Europe, Arcelor Mittal Gent, Bekaert, Les Carrières de la Pierre Bleue Belge et Sagrex

La quantité d'énergie pour produire une tonne de verre plat ne représente aujourd'hui plus que 10% de celle nécessaire il y a 100 ans. (pages 16-17 livret partie 2)

La consommation d’énergie par tonne d’acier a sensiblement diminué suite à d’importants investissements. (pages 18-19 livret partie 2)

Bekaert cherche la solution la plus durable : raisonnable d’un point de vue économique et la plus écologique. Également dans sa nouvelle usine en Chine. (pages 20-21 livret partie 2)

“Grâce au système de transport hydraulique, nous évitons un charroi de 250.000 camions” Philippe Van Dyck, directeur technique Carrières de la Pierre Bleue Belge, et Costantini Franco, directeur Exploitation Sagrex. (pages 22-23 livret partie 2)

Industrie : un exemple en matière de climat
(les entreprises...)


27/11/11 : Les secteurs - électricité, transport, agriculture et climat, construction

Électricité, vers une production neutre en CO2 d’ici à 2050. Le secteur électrique belge figure parmi les meilleurs élèves de la classe européenne. (pages 6-7 du livret, partie 2)

“Avec une approche cohérente entre la politique économique et environnementale, la Belgique peut développer sa position de plaque tournante de l’Europe tout en réduisant ses émissions de CO2.” Mathieu Grosch, député belge au Parlement européen, membre de la Commission des transports et du tourisme. (pages 8-9 du livret, partie 2)

“Réduire la production alimentaire à l’échelle mondiale n’est pas une option. Le secteur doit chercher des solutions durables, adaptées au changement climatique.” Piet Vanthemsche, président du Boerenbond. (pages 10-11 livret partie 2)

Très énergivores, les bâtiments ont un énorme potentiel de réduction des émissions de CO2. En Belgique, l’efficacité des bâtiments existants doit être accrue, mais il est également important de limiter dès aujourd’hui la consommation d’énergie des nouveaux bâtiments, notamment grâce à des solutions intelligentes peu énergivores. (pages 12-13-14 livret partie 2)

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(dans la partie sectorielle)


26/11/11 : Partie théorique

Si l’on tarde à agir, le préjudice économique sera énorme! (page 5 du livret)

Un grand défi pour les négociations de la prochaine COP à Durban en décembre 2011 reste, même si les chances sont minces, la conclusion d’une deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto. Il est crucial en effet d’éviter un vide juridique après 2012. (page 6 du livret)

Tous les grands émetteurs doivent contribuer à atteindre les objectifs. (page 8 du livret)

Les entreprises ne doivent pas être le seul acteur visé par un accord climatique. (page 9 du livret)

Une attention particulière doit être accordée aux potentiels d’efficacité énergétique encore sous-exploités. Il est aussi crucial que l’efficacité énergétique ne soit pas confondue avec réduction absolue de la consommation d’énergie au détriment de la production: les entreprises efficaces doivent encore avoir la possibilité de croître. (page 11 du livret)


Un mix énergétique diversifié est inévitable pour réduire les émissions de CO2 à moindres coûts. (page 12 du livret)


Il faut inverser la tendance des dépenses publiques en R&D consacrées au domaine de l’énergie. (page 13 du livret)

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(dans notre Livret Climat)